Nouvelle thématique pour cette rencontre. Nous avons choisi de mettre en avant les actions de l’association DFD Paris – Dyspraxie France Dys Paris. Nous avons ainsi échangé avec Mme Cabouat, sa présidente.

DFD paris

L’association DFD Paris a pour but de favoriser par tous les moyens possibles la connaissance et la reconnaissance de la dyspraxie ainsi que le repérage, le dépistage, le diagnostic et l’accompagnement des personnes atteintes de dyspraxie (ou suspectées de l’être) avec des troubles éventuellement associés. L’antenne de Paris fait partie de l’association nationale DFD, Dyspraxie France DYS et a été créée il y a un an. Elle est membre de la Fédération Française des DYS.

L’association organise des cafés parents tous les 2 mois environ sur différents sujets : aménagement examen, dossier MDPH, fratrie : discussion avec les familles, estime de soi…


Mais qu’est-ce que la dyspraxie ?

Le mot Dyspraxie vient du grec :
DYS = difficulté
PRAXIES = gestes nécessitant un apprentissage.

La dyspraxie est un trouble cognitif spécifique, un Trouble du Développement de la Coordination (TDC), qui fait partie des troubles des apprentissages. C’est un trouble souvent invisible ou peu visible. Comme pour les autres troubles DYS, l’intelligence de la personne est préservée.

Certaines zones du cerveau dysfonctionnent à cause de mauvaises connexions neuronales et provoquent des difficultés autour du geste. Malgré un apprentissage régulier, la coordination et l’automatisation des gestes appris sont compliquées. Les gestes ne s’enregistrent pas automatiquement et correctement dans le cerveau. Ils ne s’automatisent pas. Cela met la personne en situation de double tâche. Par exemple, lorsque l’écriture n’est pas automatisée, écrire demande de se concentrer à la fois sur le geste d’écriture et sur l’écoute. Cela impacte donc fortement les apprentissages.

Des troubles visuospatiaux sont très souvent associés et augmentent les difficultés : repère dans l’espace, distinction droite/gauche, planification et mémorisation d’une tâche. Ou d’autres troubles DYS (dyslexie, dyscalculie, dysphasie…).

Les difficultés dans la vie quotidienne (loisirs, conduite automobile, tâches ménagères) sont nombreuses et la dyspraxie provoque alors une situation de handicap.

Si l’INSERM parle de 5 à 7% des enfants de 5 à 11 ans, il reste difficile d’évaluer précisément combien de personnes sont touchées.

Parce que ces troubles sont mal connus, mal interprétés ou simplement cachés, ils peuvent être difficiles à repérer tout de suite. L’école peut jouer un rôle important dans leur repérage. Les enfants dyspraxiques sont donc généralement en grande souffrance. Leurs troubles demandent une plus grande concentration. Ils fatiguent plus vite et doivent interrompre sans cesse leurs activités. Ils sont dans l’incompréhension car un jour, ils arrivent à faire une action mais le jour d’après, ils ne vont plus y arriver. Ils ne comprennent pas pourquoi. Leur estime de soi diminue alors.
La démarche diagnostique permet de mieux comprendre les difficultés et les capacités de l’enfant pour l’accompagner au mieux.


École / loisirs / sports

Faire parler les enfants atteints de ces troubles est essentiel. Un jeune de l’association a réalisé – et partagé – une présentation powerpoint pour expliquer à ses camarades les difficultés qu’il rencontrait. Il l’a présenté lui-même à ses camarades de classe. Il est aussi primordial d’en parler avec les familles et les professionnels des loisirs pour trouver des solutions adaptées. Chaque cas est différent. Les profils sont variés et les solutions ne seront pas identiques.

L’association DFD a créé plusieurs plaquettes sur les loisirs et la conduite automobile expliquant ce qu’est la dyspraxie et comment accompagner les personnes souffrant de ces troubles. Il en est en effet possible de contourner les difficultés rencontrées avec des aménagements et des astuces en fonction des besoins de chacun.

Pratiquer un sport pouvait se révéler difficile car la dyspraxie n’était pas un trouble reconnu par le sport adapté ou le handisport. L’association DFD a noué un partenariat avec la fédération Handisport pour que la dyspraxie soit désormais reconnue dans les critères handisports. Cela va faciliter la pratique sportive des personnes dyspraxiques dont les troubles pourront mieux être pris en charge et connus dans les clubs.

Une action a aussi été entreprise pour sensibiliser les candidats au BAFA à la dyspraxie. Mme Cabouat souhaite davantage de formations pour les professionnels des loisirs.

DFD Plaquette dyspraxie et conduite (Document pdf de 1,95 Mo)
DFD Plaquette dyspraxie et loisirs (Document pdf de 990,96 Ko)
DFD Plaquette de présentation (Document pdf de 2,13 Mo)


Conduite automobile

Des aménagements pour la conduite automobile sont possibles. Si une personne a un dossier MDPH, elle peut passer un code aménagé (session sous 4 mois). Ces solutions sont l’aboutissement d’un travail de DFD et de la FFDys avec la sécurité routière. Une action de sensibilisation des inspecteurs est aussi menée par l’association DFD.

Il peut être plus simple de conduire des voitures avec boîte automatique, et donc de passer le permis spécifique ou de conduire des voitures sans permis. Si la personne se sent à l’aise, elle pourra ensuite voir pour passer le permis « boîte non automatique ».


Accès à l’autonomie

Les troubles entraînent des difficultés à gérer la vie quotidienne : se déplacer, entretenir son logement, faire la cuisine …. Il n’y pas d’offres adaptées pour accompagner les jeunes vers l’autonomie et les aider à quitter le domicile familial.

Mme Cabouat a plein de projets pour l’association. Elle voudrait monter des groupes de loisirs, des cafés de rencontres entre jeunes adultes, développer des sorties au Louvre pour des jeunes, … mais l’association est récente et manque de moyens. Elle peine également à mobiliser les bénévoles et les familles pour mener à bien tous ces projets.

La MDPH de Paris

Publié : 11 septembre 2019

Dernière mise à jour : octobre 2019