Les Jeux Olympiques et Paralympiques ayant lieu à Paris en 2024, nous avons décidé de mettre à l’honneur le handisport et ainsi de suivre plusieurs sportifs, plus ou moins confirmés :

  • 2 jeunes sportifs du centre Lecourbe dans le 15ème

Rudy, 20 ans, pratiquant le tir sportif
Sara, 15 ans, pratiquant la danse et la piscine

  • et Yannick Ifebe, champion paralympique d’escrime handisport

Nous les suivrons dans leurs entraînements, leurs compétitions. Nous publierons régulièrement des articles pour vous donner de leurs nouvelles et vous faire découvrir leurs aventures sportives !

Nous débutons ce fil rouge handisport avec Yannick Ifebe. Nous avons assisté à un de ses entraînements du mercredi après-midi. L’occasion dans ce premier article de vous dresser un portrait de Yannick, de vous présenter sa discipline et de vous expliquer comment se passe un entraînement.


Yannick Ifebe, un athlète à la pointe de son sport

logo escrime handisport

Yannick Ifebe est une pointure. À 27 ans, son palmarès est déjà impressionnant : champion du monde à l’épée par équipes en 2015, médaillé d’or en individuel à l’épée en catégorie B et médaillé d’argent par équipes à l’épée aux Championnats d’Europe 2016. Il est sacré champion paralympique à l’épée par équipes aux Jeux Olympiques d’été 2016 à Rio de Janeiro.

Yannick Ifebe
© MDPH de Paris

Pour ne rien gâcher, depuis l’an dernier, Yannick est diplômé de la prestigieuse école Science Politique Paris.

Yannick pratique l’escrime depuis son plus jeune âge. Aujourd’hui, sportif de haut niveau affilié à la Fédération Française Handisport, il s’entraîne plus de 10 heures par semaine sur 2 sites distincts :

À Vincennes, avec les valides ou les « marchants » comme il les nomme, tout le monde joue assis sur un fauteuil adapté aux exigences de la discipline. L’équilibre est alors respecté entre escrimeurs.

Immersion au cœur d’un entraînement au Cercle Sportif de l’Institution Nationale des Invalides (CSINI)

Cercle Sportif de l'Institution Nationale des Invalides (CSINI)

Pour notre 1ère immersion (rencontre effectuée avant la crise sanitaire), Yannick nous a proposé de nous retrouver à l’Hôtel des Invalides, plus précisément au CSINI qui permet à des invalides, qu’ils soient pensionnaires c’est-à-dire résidents, hospitalisés de l’Institution ou externes, militaires ou civils, de pratiquer différents sports de loisir ou en compétition.

Yannick, lui est civil employé du Ministère de la Défense. Le ministère donne aux sportifs paralympiques l’opportunité de s’entraîner au plus haut niveau. Pour financer son matériel, Yannick fait appel à des sponsors privés.

Rappel historique : l’escrime fauteuil est un sport paralympique depuis 1960. Le CSINI a été créé en 1966 après la guerre d’Algérie qui a fait beaucoup de mutilés de guerre.

Au sein du magnifique ensemble des Invalides, c’est aujourd’hui l’une des associations sportives pour personnes en situation de handicap la plus importante de France, tant par le nombre de ses adhérents (400) que par la qualité des résultats obtenus, témoignage évident de son dynamisme et de son efficacité.

En compétition, les athlètes évoluent au plus haut niveau, participant aux Jeux paralympiques dans des disciplines aussi diverses que l’escrime, 1er sport phare, mais également le tennis de table, la natation … (Ces athlètes ont remportés 141 médailles paralympiques).

© MDPH de Paris

Pour le Cercle, comme pour bon nombre de ses champions, l’objectif majeur est bien évidemment les prochains Jeux paralympiques de Tokyo en 2021 qui viennent d’être reportés pour cause de crise sanitaire.

L’entraînement de Yannick débute, les choses sérieuses commencent !

© MDPH de Paris

L’habit réglementaire comporte plusieurs « vêtements techniques », dont les attributs diverges selon l’arme utilisée : épée ou sabre (les 2 disciplines que nous avons eu la chance d’observer en démonstration). Pour l’exemple, la tenue utilisée pour le sabre comporte une veste supplémentaire et électrifiée qui permet par un simple bruit d’identifier la touche. La tenue est lourde et à cela s’ajoute des gants et un masque de protection.

© MDPH de Paris

Le fauteuil lui est bien spécifique, fonction que l’athlète soit gaucher ou droitier. Le sportif tient d’une main la prise du fauteuil et de l’autre prend son arme.

À ce stade de l’entraînement, nous n’imaginons pas encore à quel point ce sport est technique, cardio et nécessite une concentration extrême.

En fauteuil, l’escrimeur joue sur une plateforme fixée au sol. La distance qui le sépare de son adversaire est déterminée par celui qui possède le bras le plus court. Les parties hautes du corps sont les seules cibles possibles. Les membres inférieurs sont recouverts d’une sorte de tablier électrifié qui sonne dès qu’il est touché par l’arme métallique.

Pour rappel, Yannick joue dans la catégorie B des personnes en situation de handicap fauteuil. Cette catégorie inclue les athlètes qui n’ont pas l’équilibre du tronc.

  • catégorie A : avec équilibre du tronc
  • catégorie B : sans équilibre du tronc
  • catégorie C : tétraplégique.

Le maître d’armes (l’entraîneur) propose des face à face pédagogiques autrement appelés « la leçon » dans le jargon d’escrimeurs. Le maître d’armes va répéter inlassablement des fautes que Yannick doit apprendre à parer de façon instinctive, presque pavlovienne.

© MDPH de Paris

Puis, arrive la phase la plus appréciée de Yannick : le duel. Il faut savoir que les échanges sont très rapides et les règlements sont proches de l’escrime traditionnelle.

© MDPH de Paris

3 mots clés : « En garde ! Prêts ! Allez ! » Ces interjections résonnent telle une prise d’assaut moyen-âgeuse puis le combat commence….

Petit Cocorico, l’escrime est un sport français. Par héritage, c’est donc la langue française qui est utilisée pour communiquer entres sportifs du monde entier.

Dans ce sport de rapidité tout est affaire de réflexes !

La prochaine grande échéance sportive est la sélection aux JO de 2021. Le calendrier a été modifié au regard de la crise sanitaire actuelle.

Le prochain point d’étape pour nous est prévu au centre d’entraînement de Vincennes avec les valides…dès que les conditions sanitaires le permettront !

Pour aller plus loin, un peu d’histoire sur le lieu :

La MDPH de Paris

Publié : 4 juin 2020

Dernière mise à jour : février 2021